READY-MADE de Allan Kaprow à Tchekhov

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READY-MADE de Allan Kaprow à Tchekhov

De l’urinoir de Marcel Duchamp à Allan Kaprow. en passant par le manifeste blanc de Lucio Fontana aux artistes ZERO…

Allan Kaprow est celui qui marqua son époque par ses peintures sur la scène artistique à New York.

Durant cette période des années 1950, la scène artistique était en évolution, transformée par l’émergence d’espaces gérés par des artistes connus sous le nom de galeries Tenth Street, une galerie d’avant-garde alternative , en France ces lieux s’appellent des friches.

Parmi ces lieux, figurait la Hansa Gallery, une coopérative cofondée par Allan Kaprow et des anciens élèves de Hans Hofmann.

Hansa Gallery fut le premier lieu à exposer les œuvres expérimentales et les effets sculpturales de Kaprow.

C’est au cours de cette période que Kaprow a conçu le concept ambiguité et Art, un entre-deux que l’on retrouve aussi dans les pièces de théâtre de Anton Tchekhov, le deux en même temps, le entre réalisme et symbolisme , deux manières d’interroger le réel, de l’appréhender et de l’explorer.

Pour Allan Kaprow, les routines les plus banales étaient des sources d’inspirations créatives, la vie de tous les jours restait une source d’inspiration et pour lui, une ballade pouvait devenir un chef-d’œuvre de l’art, autant par l’art de la contemplation, que face au symbolisme du réel.

Ses inspirations et ses expériences quotidiennes en zone urbaine sont devenues les fondements qui ont traversé les frontières avec le ready-made, enrichissant le style de l’apollinarisme français, du dadaïsme surréaliste, du modernisme et en faisant émerger des lieux comme le théâtre de l’Opprimé en France, à savoir un outil de parole et de débat démocratique par l’happening, de ses recherches sur les possibilités de la peinture, au-delà de la toile, vont se construire des nouvelles formes artistiques, notamment par sa peinture du pont George Washington de 1955.

Allan Kaprow a conçu cette peinture après avoir étudié des peintres industriels suspendus par des cordes, enduisant les poutres des ponts par des couches de peinture, en passant par des techniques avec du plomb rouge durant des contestations.

Ses toiles combinaient des gestes expressionnistes avec des vignettes piétonnes et des symboles, et toutes ses œuvres sont ancrées dans des événements banals et dans la réalité de la société de son temps.

Avec Tchekhov, c’est le vaudeville poète qui a été anéanti par le poids de son passé et de son regard porté sur la réalité du monde, de l’effacement de l’héroïsme à l’aptitude de disparaître dans l’œuvre pour ne former plus qu’un avec le lieu et la terre, un entre-deux dans la vie réelle , passant de dramaturge à médecin et de médecin à dramaturge, du lieu DYADIQUE.

Vitrac disait que c’est à partir du moment où. quelque chose est visible puis dissimulé que commence la curiosité, le vertige de la connaissance.

Comme le soulignait le professeur Georges Banu: « la CERISAIE de Tchekhov est une tragédie , elle est une confrontation entre deux valeurs équivalentes ».

Le monde de l’entre-deux de Tchekhov s’articule sur la notion de la vie et de la mort, dans une rencontre dialogale et dyadique ou le récit rapporté augmente l’effet herméneutique.

-Lopakhine.

« C’est vrai , il faut admettre que nos vies sont stupides , mon père était un MOUJIK,

Un idiot qui ne comprenait rien à rien , qui ne m’a rien appris . Chaque fois qu’il était saoul, il me battait toujours avec un bâton , au fond, je suis comme lui , une tête bornée , un idiot , je n’ai rien étudié , mon écriture est atroce , ça me fait honte , on dirait un cochon qui écrit. »

Genèse et solipsisme, faim et fin de vie de l’arbre de la Cerisaie, Lopakhine à l’Acte III raconte : « j’ai acheté la propriété ou mon père et mon grand-père étaient des serfs, où ils n’avaient pas le droit d’entrer, pas même. dans la cuisine.

Dans la pièce de la Cerisaie, la question de (je) devient un, est-ce que moi-même est bien moi ou eux ? À savoir l’arbre, et l’histoire sans terre des ancêtres avec la fin de la nourriture du sacré. Car c’est Lopakhine qui est l’instigateur et qui propose d’abattre l’arbre contre de l’argent . La vie d’un prix en esclavage, ainsi que la mort avec la fin de la transmission de la mémoire .

Ainsi par les lois immuables du totalitarisme, la terreur ne peut jamais être abolie, les événements se déroulent selon toujours des lois intelligibles et Tchekhov a su mettre en évidence cette analogie à partir de l’arbre qui survie tant que la mémoire peut survivre, de la maison et de la terre. …

C’est l’abolition du servage de 1861 par Alexandre II qui avait permis aux anciens serfs de s’enrichir et Il faut bien comprendre qu’à l’époque de Tchekhov, les koulaks étaient toujours les cibles des bolchéviks durant la révolution et qu’à l’époque du servage au XVIIᵉ siècle, les classes sociales ne se mélangeaient pas. Ainsi avec Tchekhov, on peut dire que chaque instrument du mal du passé correspond à un (anti) qui bien que identique à l’arbre en substance , reste son contraire en intention avec un dualisme illustré par la vente de la maison. Texte Linda Urfens-Foucan